Portraits

Daphnée

Daphnée, une handi optimiste

Sa date de naissance : 28 janvier 1992
Sa ville : Région Centre
Son pays : France
Son handicap : Tétraplégique (très) incomplète

Sa fierté : Sa détermination et sa capacité à apprécier tous les petits bonheurs de la vie.

Photo de  Daphnée

Une vie heureuse, une parenthèse, une 2ème vie... portrait d'une "Handi optimiste" comme elle se définit elle-même...


Ma première vie

Pendant les 20 ans qui ont précédé mon accident, j'ai grandi au sein d'une famille aimante et j'ai évolué grâce à mes amis, grâce à des rencontres et à des expériences. J'étais une enfant qui savait profiter d'un rien, je le suis toujours d'ailleurs ! Juste avant de me retrouver en fauteuil, je faisais encore mes études (en communication visuelle) mais comme j'étais en contrat pro, j'avais aussi un pied dans le monde du travail.

 

La parenthèse

En 2013, ma voiture a glissé sur une plaque de verglas. Résultat : 5éme cervicale déplacée et la moelle épinière comprimée. J’ai passé 5 semaines à l’hôpital, 25 mois en centre de rééducation dont 3 dans un centre en Bretagne dans lequel j'ai pu tester les séances de kiné avec un exosquelette*.

Pendant toute cette période, la visite de ma famille, de mes amis, les messages et attentions de mon entourage ont été d’un grand soutien et m’ont permis de supporter tout cela.

Il y a eu pas mal d’étapes dans la rééducation.

Les premiers mois, on retrouve plein de choses de façon assez significative: les doigts qui re bougent, un muscle qui répond de nouveau, puis un deuxième. Au début c’est grisant, c'est un enchaînement de petits miracles. Et puis ça s'essouffle, les progrès se font dans la durée, petit à petit à force de travail et apparaissent de ce fait moins flagrants. Lorsque, pour finir, il n'y a plus vraiment d'évolution, on a en fait eu le temps de le voir venir, alors on apprend à vivre malgré ce qui nous fait encore défaut.

Je suis tétraplégique parce que j'ai été touchée au niveau des cervicales, mais j'ai cependant retrouvé énormément de capacités qui me permettent aujourd'hui d'être entièrement autonome et indépendante.

 

Ma deuxième vie

Pour moi, l’objectif était clair : je voulais redevenir un individu capable de se débrouiller tout seul "comme un grand", quel que soit le domaine. L'étape suivante fut donc pour moi de reconduire, puis de reprendre une activité professionnelle, pour ensuite partir de nouveau en voyage… Bref, je voulais revivre !

Pour la voiture, j'ai dû dans un premier temps, avec l'aide de professionnels, trouver les adaptations qui me correspondraient, apprendre à m'en servir et passer devant un examinateur pour qu'il vérifie que je n'allais pas être un danger avec mes nouveaux jouets ( www.handiconduite.fr ) Quant au choix de mon véhicule ? Je l'ai fait seule, mais avec beaucoup de critères auxquels faire attention :  pas trop haut mais pas trop bas non plus, de la place sur la banquette arrière pour le bras robot (en charge de monter ou descendre le fauteuil) une couleur sympa (quand même)... Après m'être décidée, il a fallu encore patienter quelques mois pour recevoir le carrosse puis une dizaine de jours pour le faire adapter dans un garage spécialisé avant qu'enfin, enfin, je reprenne la route ! De pouvoir conduire m’a permis de reprendre mon rythme effréné d'hyperactive, d'aller à droite et à gauche aller voir les copains ou travailler. http://1parenthese2vies.com/voiture-et-handicap-2-conduire/

Pendant ma rééducation j’avais bien eu quelques contrats (création de logos, de flyers, etc.) mais une fois sortie, je voulais me lancer dans la vie de façon réelle, sérieuse, en associant mon métier de base et l'expérience acquise par ce qu'il m'était arrivé. À côté de ça, il y avait également cette envie, ce besoin même, d'écrire. C'est quelque chose qui a  de toute façon toujours fait partie de ma vie, c'est pourquoi devenir bloggeuse s'est finalement fait assez naturellement. ( http://1parenthese2vies.com/ )

Ça me permet d'une part d’expliquer et de faire découvrir ce qu’est le quotidien d’une personne en situation de handicap, d'autre part de montrer tout ce que la vie nous offre encore malgré nos faiblesses. J'aimerais faire changer le regard des autres, diminuer les peurs, supprimer tous ces blocages que l’on peut avoir face à l’inconnu.

Aujourd'hui, l'une de mes activités concerne les conférences. Pour les écoles supérieures de communication (d'où je viens) ou du secteur para médical, pour les lycées/collèges, pour les entreprises. Je raconte mon expérience, ce qu’elle m’apprend chaque jour. Chaque public est différent et apporte une grande richesse à nos échanges. Avec les jeunes, il y a la spontanéité : leurs questions sont directes, sans détour, pour assouvir cette curiosité dont ils font preuve. Avec les adultes, la relation est moins évidente : ils ont cette même curiosité mais le paraître et le politiquement correct les empêchent de poser certaines questions, mais d'un autre côté je peux parler avec eux de choses plus précises, plus poussées aussi.

 Côté voyages, j'ai commencé lorsque j'avais une douzaine d'années et j'ai continué : il n’était pas question d’arrêter pour une question de roues ! Donc en 2016 départ pour New York et en octobre 2017 le Canada, entre amies toujours. http://1parenthese2vies.com/cat/voyages/.

Les voyages c’est encore une avancée vers l’indépendance, c'est des rencontres inoubliables, des situations cocasses, des paysages splendides, mais aussi des portes trop étroites, des marches trop hautes, des rampes trop raides. On dira que c'est ce qui forge les souvenirs ! Parce qu'au final ça reste des moments de bonheurs et de liberté.

 

La force de Daphnée, une handi optimiste

(Extrait de son blog) http://1parenthese2vies.com/handicap-droit-detre-heureuse/

« L’autre jour je me baladais dans un endroit paisible et plein de charme : un cours d’eau, une allée entourée d’arbres, le soleil perçant à travers. À un moment, sans explication, sans raison, je me suis sentie à ma place, parfaitement à ma place. Et bien. Fauteuil ou pas fauteuil. Et durant quelques minutes je me suis sentie heureuse. Simplement. Dois-je rougir de cela ? Est-ce que parce que je suis handi ça voudrait dire que je n’ai pas le droit à ce sentiment ? Non bien sûr. Parce que je ne suis pas heureuse AVEC mon fauteuil, je suis heureuse MALGRÉ mon fauteuil. Et c’est très bien. Peu importe ce qu’en pensent les gens. Je n’ai pas envie de passer mon temps à ruminer ou à broyer du noir, j’ai envie de rire et de me souvenir que ma vie n’est pas parfaite d’accord, qu’elle est difficile assurément, mais qu’au moins elle existe et qu’elle est remplie d’éléments qui valent le coup que je la continue. Je ne cesserai de rêver de me relever, je surveillerai encore et toujours les avancées techniques, technologiques et médicales allant dans ce sens espérant avoir droit à mon miracle mais en attendant, je compte bien savourer ce qu’il y a à savourer ! »

 

* l'exosquelette est une ossature artificielle et extérieure au corps humain, mécanique et électronique, dont le rôle est de compenser ou de compléter certaines faiblesses physiques. Il peut permettre à des personnes en fauteuil de se tenir debout et il assiste la marche). http://1parenthese2vies.com/jai-teste-lexosquelette/)

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